Les bande annonces des films d’Hitchcock, le roi du buzz

Quand on s’appelle Alfred Hitchcock, apparaitre à l’écran pour promouvoir son film est une chose naturelle, surtout si tout est mis en scène pour détourner l’attention du spectateur quant au véritable sens du film. Voici les quelques bande annonces tournées à la manière des introductions de la serie Alfred Hitchcock présente et parfois sur les décors du film concerné.

LES OISEAUX

LA MORT AUX TROUSSES

PSYCHOSE

FRENZY

COMPLOT DE FAMILLE

OUVERTURE D’UN DES ÉPISODES DE LA SÉRIE ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE

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Saul Bass. Inventeur de génériques.

Saul Bass est un graphiste designer star, adulé du monde du cinéma et de celui du graphisme en général. C’est dans les années 50, qu’il a totalement réinventé la manière de concevoir le générique.

« Selon moi, un film commence réellement dès la première image. »

Venu du dessin publicitaire, c’est en 1946 que Saul Bass s’installe à Los Angeles et  crée une société de dessin appliqué au cinéma : « Films publicitaires et surtout génériques ».  Les bandes annonces et les affiches à l’époque ne sont qu’un montage d’images du film, de portraits d’acteurs ou de photos de plateaux.

En totale contradiction avec ces méthodes, Saul Bass décide de trouver un élément symbolique du film et de l’épurer de toute autre complexité. Par son style graphique quasi abstrait, mais dont l’abstraction porte l’essence même du film qu’il illustre, Bass révolutionne la branche du générique.

En 1954, Saul Bass rencontre Otto Preminger et conçoit pour lui l’affiche de sa comédie musicale : Carmen Jones. Pour cette dernière, il choisit de représenter une rose prise dans les flammes. Éléments apparemment symboliques du personnage principal. N’ayant pas vu le film, j’y vois tout de même la nette contradiction entre la fragilité féminine de la rose et le caractère destructeur de la flamme, seulement, la rose résiste et ne se consume pas. Associée au nom  Carmen Jones, on imagine bien un film dont l’héroïne à la beauté physique et à celle de l’âme résistera à la traversée d’un certains nombre de drames.

Otto Preminger est séduit et lui demande de concevoir le générique du film. On y revoit la rose visible par alternance derrière la danse d’une flamme rouge. Vous pouvez visionner ce générique en cliquant ici.

L’année d’après, Bass collabore pour la deuxième fois avec Otto Preminger pour le film L’homme au bras d’or (The Man with a golden arm). Le graphiste choisit de ne représenter qu’un bras stylisé et tordu faisant écho au titre et à la caractérisation du héros de l’histoire : talentueux pianiste et joueur de poker mais accroc à l’héroïne. Ce film est d’ailleurs le premier de l’Histoire du cinéma à traiter de la dépendance aux drogues.

Ce générique est bien représentatif de la révolution de Saul Bass : le film est attrayant dès la première image. En intégrant ces traits blancs qui traversent l’image de manière très graphique et en animant certains textes, Bass fait véritablement danser ce générique sur le jazz d’Elmer Bernstein. Les couleurs de l’affiche sont dans des bleus très jazzy et les traits blancs de l’extrait peuvent faire penser aux touches d’un piano, aux cordes de la contrebasse ou aux baguettes de la batterie. La disposition apparemment chaotique de ces traits peut être également un symbole des perturbations et des contradictions du héros, sentiment renforcé par le contraste très fort des deux couleurs noir et blanc. Le générique de ce film le fera reconnaitre comme le maitre du genre. La collaboration entre Preminger et Bass durera dix autres films.

Sur l’affiche suivante, on peut voir que pour Autopsie d’un meurtre (Anatomy of a murderOtto Preminger. 1951), Bass reprend le même principe, mais plutôt que de s’appuyer sur un symbole propre au film, il use de la tromperie du titre, car dans ce film, on ne voit ni autopsie, ni cadavre. C’est pourtant la silhouette d’un corps qu’on peut voir sur l’affiche de ce film et dans le générique, faisant écho à la reconstitution de la scène d’un crime et du corps de la victime détouré à la craie. Le film traite en effet d’un crime meurtrier mais on en parle seulement dans un tribunal, témoignage après témoignage. On comprend alors la fragmentation du corps dessiné par Bass :  plusieurs morceaux, chaque morceau est un témoignage, la pièce d’un puzzle qui nous en apprend plus sur ce crime.

Encore, un élément graphique animé « dansant » sur du jazz, cette fois celui de Duke Ellington :

En plus de totalement réinventer le générique par ses mélanges entre graphismes, photos, animations et prises de vues réelles, il crée un style qui lui est propre qu’on appelle encore aujourd’hui le style Saul Bass. Dans les années 50-60, de nombreux réalisateurs font appel à lui, il est alors à Hollywood l’homme des génériques. Alfred Hitchcock l’engage pour trois films d’affilée et pas n’importe lesquels si je puis dire puisqu’il s’agit de Sueurs froides (Vertigo. 1958), La Mort aux trousses (North by Nortwest. 1959) etPsychose (Psycho. 1960). (Entre parenthèses, je ne sais pas quelle mouche a piqué Hitchcock à cette époque : il a réalisé trois chefs d’œuvre, trois années consécutives, mince alors Hitch’. La mouche a du repasser par chez le bonhomme en 1963 pour Les Oiseaux (The Birds).)

Sur l’affiche, la spirale très géométrique fait écho au titre original du film : Vertigo. Ce simple mot fait référence au mal qui touche le héros ancien-flic pris de vertiges aigus depuis une poursuite un peu fracassante sur les toits de San Fransisco. On peut également y voir une représentation graphique de la spirale infernale et émotionnelle dans laquelle se jette éperdument le héros, amoureux de la femme, objet de son enquête (désolé pour le jeu de mots). Sur cette affiche, la taille de la spirale par rapport aux corps laisse paraitre une abysse dans laquelle cet homme et cette femme plongent. L’ impression de surréalisme ressentie est semblable au passage vers un monde inconnu et étrange comme celui des rêves et des cauchemars. Enfin, la position des corps et leurs colorisations laissent entendre deux choses contradictoires bien présents dans le film : soit, il s’agit d’amour :  l’homme bien concret est épris de cette femme dont les traits lui échappent, seuls les contours sont présents, l’intérieur est vide. Soit il s’agit de mort : cet homme rempli de noir, couleur maléfique, tue cette femme fragilisée par la transparence de son dessin. La transparence du corps est également lié à l’idée qu’on se fait du fantôme, mort revenu sur terre entouré d’un halo flou, élément fantastique et macabre nettement présent lui aussi dans l’histoire . Un concept graphique à la fois simple et incroyablement intelligent qui synthétise parfaitement le style et les thèmes abordés par Vertigo.

Ce générique me donne des frissons, qu’il ait vieilli ou non. La bouche, les yeux de Kim Novak en noir et blanc, qui regardent un coup dans une direction, puis dans l’autre, avant que nous plongions à l’intérieur dans un rouge sang, hypnotisés par des spirales tourbillonantes sur une valse à la fois belle et inquiétante de Bernard Herrmann, tous ces éléments donnent à ce générique une identité extrêmement forte et mythique. Vertigo est un grand film de la première à la dernière image, Saul Bass y est pour quelque chose.

Ci dessous, l’image extraite du générique de La Mort aux trousses, on peut y voir des diagonales traverser l’écran. Elles représentent le trajet du héros, du nord au nord ouest des États-Unis. La flèche du N de North est dirigée vers le nord, celle du deuxième T de NorthwesT est dirigée vers l’ouest. Les diagonales, se croisent verticalement et horizontalement devenant des lignes de fuite, créant une perspective. C’est bien d’une fuite qu’il s’agit puisque le héros est traqué par erreur à travers le pays. Autre symbolique du mouvement : le dynamisme général créé par les lignes et le positionnement à l’effet 3D du lettrage du titre. Pour couronner le tout, notre graphiste préféré fait rentrer les titres jusqu’au centre de l’écran par animation sur une musique épique de Bernard Herrmann. Admirez le travail :

Il m’était évidemment impossible de ne pas mettre le générique de Psychose, bien que la seule version que j’ai pu trouver sur internet pour la  mettre en lien est d’assez mauvaise qualité, le son est extrêmement distordu, ce qui n’arrange en rien la musique déjà stressante de Bernard Herrmann. On y trouve toujours ces bandes verticales noires et blanches « très Saul Bass« . cette fois, ce ne sont pas des diagonales, mais des droites nettes qui se croisent et se décroisent. Le lettrage est également maltraité, c’est en morceaux coupés nets que les lettres viennent se former au centre de l’écran par effets d’animations. Les zébrures noires et blanches qui remplissent l’écran offrent  à l’œil un contraste violent, le fait de séparer ces deux couleurs en lignes renforce l’aspect brisé faisant référence à deux choses. La première est la folie (la psychose) pouvant pousser une personne fragile à se briser et à créer inconsciemment plusieurs facettes d’elle même, plusieurs personnalités différentes et contrastées dans un seul corps. La deuxième référence est aux différents meurtres du film, (dont celui de la douche bien sur), qui, je n’ai pas besoin de vous le rappeler sont perpétrés au couteau, un objet tranchant qui coupe en morceaux. Comme il s’agit de meurtres, des actes rarement doux, les lignes du génériques mettent en tranches l’écran violemment. Encore une fois l’efficacité de ce générique fait mouche et je ne parle pas de la mouche qui a piqué Sir Hitch’ à la même époque. Pour aller plus loin sur ce film, dans les entretiens Hitchcock/ Truffaut, le réalisateur américain semble affirmer que Saul Bass a conçu la séquence du meurtre du détective privé dans les escaliers pendant que lui même était malade et cloué au lit. De son côté, le graphiste tend plutôt à dire qu’il a conçu la séquence de la douche. Ce serait peu étonnant, tant elle est graphique. On y retrouve ce jeu des lignes et de dynamismes propre à Bass.

L’extrait suivant n’est pas le travail direct de Saul Bass (il est mort deux ans avant). Il s’agit d’un remake de Gus Van Sant (Psycho. 1998). Pourtant, le nom de Saul Bass est cité au générique, car son concept contribue à l’image qu’on se fait du film et en fait partie intégrante. Toujours sur la partition de Bernard Herrman, conduite ici par Dany Elfman(compositeur attitré de Tim Burton). La même chose avec du vert fluo, c’est sympa, merci Gus.

Les travaux suivants permettent de juger de la capacité d’adaptation de Saul Bass en fonction du ton et des thèmes du film illustré. Vous verrez au passage, qu’il n’a pas bossé avec n’importe qui ce « p’tit » gars.

L’Inconnu de Las Vegas (Ocean’s eleven de Lewis Milestone. 1960).  La formation des chiffres en petits ronds colorés font écho aux néons de la ville de Las Vegas, dont cinq casinos sont les prochaines cibles d’une bande de braqueurs, ces derniers sont au nombre de onze si je me souviens bien. La musique entendue ici est hallucinante, composée par un certain Nelson Riddle. Ce compositeur que je ne connaissais pas, a beaucoup travaillé pour la télé notamment sur la série Batman de 1966. 

Spartacus (Stanley Kubrick. 1960)

Un Monde fou fou fou fou (It’s a mad mad mad mad world de Stanley Kramer. 1963)

Bunny Lake a disparu (Bunny Lake is missing de Otto Preminger. 1965)

Le concept du générique de Bunny Lake a disparu est repris et revisité bien des années après pour L’Orphelinat (El Orfanato de Juan Antonio Bayona. 2007). Voir les deux images suivantes :

L’Opération diabolique (Seconds de John Frankenheimer. 1966)

Dès 1964, il réalise des courts-métrages (les premiers d’entre eux sont The Searching Eye et From Here to There), dont plusieurs seront récompensés dans des festivals (Why Man Creates remporte un Oscar en 1969). L’échec de son seul long métrage, ‘Phase IV, l’amène à se concentrer sur la conception graphique. Il produira dans ce cadre de nombreux logos parmi lesquels ceux de United Airlines, AT&T ou Minolta. Symbole de l’âge d’or d’Hollywood, il est sollicité par des réalisateurs de la génération suivante tels que Danny DeVito pour la Guerre des Roses(War of the Roses. 1989) ou Penny Marshall (Big1988). En 1990, une nouvelle relation de travail fructueuse s’entame avec Martin Scorsese pour le film Les Affranchis (Goodfellas) :

« Ses génériques ne sont pas de simples étiquettes sans imagination – comme c’est le cas dans de nombreux films – bien plus, ils font partie intégrante du film en tant que tel. Quand son travail apparaît à l’écran, le film lui-même commence vraiment. »

Martin Scorsese.

Les Nerfs à Vif (Cape Fear de Martin Scorsese. 1991).

Ses derniers travaux dans le monde du cinéma sont les génériques de L’Age d’innocence (The Age of innocence. 1993) et Casino (1995), deux films de Martin Scorsese. Cela m’aurait bien plu d’ajouter en vidéo le générique de Casino qui est très beau, malheureusement, je n’ai pas pu en trouver. Je vous invite donc à  le revoir par vos propres moyens. Si vous êtes dépourvus de ces moyens et c’est pas de bol, regardez le image par image en cliquant ici. 

Enfin, il a également conçu un poster pour La Liste de Schindler (Schindler’s List. 1993) de Steven Spielberg. Ce dernier ne sera finalement pas utilisé pour la promotion du film, il est néanmoins connu comme étant le dernier poster designé par Saul Bass, tiré à quelques 200 exemplaires, il font maintenant partie de collections privées.

Dans les années 50-60, la révolution Saul Bass transforme définitivement l’univers du générique à tel point qu’il est difficile de dire quel film s’inspire consciemment de son travail. Mais aujourd’hui et bien au delà du simple univers du cinéma, le graphiste est toujours présent.

Hommage direct à Saul Bass : le générique de Arrête moi si tu peux (Catch me if you can. 2002 ) de Steven Spielberg.

  • Sources et liens :

Saul Bass sur Wikipédia.

Saul Bass sur IMDB.

Saul Bass sur Film de Culte.

Saul Bass sur Digital Media FX.

Interview exclusive de Saul Bass sur generique-cinéma.net (1993)

Titles designed by Saul Bass. Site très complet qui s’attarde sur chaque générique de la filmographie de Bass.

Saul Bass sur Electronic Book Review à propos du livre Bass Resonance de John Cayley.

Horribilis (James Gunn. 2006)

Tout d’abord, j’aimerais remercier personnellement Stanley Lloyd Kaufman, fondateur de Troma Entertainment, pour avoir un jour lancé la carrière de James Gunn.

Tous mes remerciements à  James Gunn, d’avoir su garder son âme d’adolescent attardé pour nous plonger dans la nostalgie d’un bon film de série B des années 70-80 avec les moyens d’Hollywood. Horribilis se trouve être un film drôle avec ses personnages et ses dialogues stéréotypés. Sa cohérence vient notamment du fait qu’il est avant tout une revisite nostalgique mais « bankable » des archétypes d’un cinéma vintage et de seconde zone.  Je vous le conseille entre amis, en famille ou pendant les repas.

James, Stanley. Checkez ça les mecs

Grant Grant est homme d’affaires à Wheelsy, petite ville américaine, il aime sa femme Starla, mais elle, semble indifférente à son amour. Un jour pour se consoler, il boit trop et part se ballader avec une autre femme. Malhereusement, pendant la promenade, Grant Grant se fait transpercer par un dard sorti d’un cocon gélatineux extraterrestre. Après ce soir là, Grant Grant se transforme peu à peu en mutant dont le but est d’engrosser une mère porteuse afin que son espèce envahisse la Terre comme elle a toujours fait, sur d’ autres planètes, de galaxie en galaxie. Pendant ce temps, les habitants de Wheelsy attendent impatiemment le jour de la chasse au cerf, inconscients que cette année, ce sont-eux les proies d’une chasse mortelle.

Horribilis, c’est un peu le thème de La Belle et la bête mélangé à du steak haché.

PCJ séance n° 26

Frenzy (Alfred Hitchcock. 1972)

Tout d’abord, j’aimerais remercier personnellement Sir Alfred Hitch’ de m’avoir démontré qu’à 73 ans et 50 films, un master reste un master.  Où que tu sois Hitch’, je tiens à te dire que mon plus gros fantasme cinématographique serait que tu sois encore là, juste pour voir à quoi ressembleraient tes films aujourd’hui.

Frappe deux fois si tu m’entends Alfred.

Frenzy reste méconnu par rapport aux mastodontes hollywoodiens réalisés par Hitchcock (Psychose, Fenêtre sur cour, Les Oiseaux, Vertigo, La Mort aux trousses…). Tourné en Angleterre, Frenzy est l’avant dernier film du cinéaste. Il y reprend son fameux thème du faux coupable pourchassé à tort. Cette fois, la chasse a lieu dans une Londres populaire décrite avec un humour grinçant. Pour ce film, Hitchcock devient plus vulgaire et cynique. Du coup, son film prend un aspect à la fois réaliste et théâtral, moderne et classique, acide, terrifiant et drôle. On y trouve un grand nombre d’éléments nouveaux mêlés avec habileté avec les ingrédients déjà existants du cinéaste. Ce film parle de meurtre, de culpabilité, de sexe et de nourriture. Bon appétit.

« Ravissant… ravissant…ravissant… » (En version originale : « Lovely… Lovely… Lovely… »)

PCJ séance n° 18


 

Critters 2 (Mick Garris. 1988)

Tout d’abord, j’aimerais remercier personnellement Mick pour ce film qui a joué un grand rôle dans mon enfance. En effet, c’est dans l’attente inespérée de la sortie de Gremlins 3 que Critters 2 est venue étancher ma soif de petits monstres débiles au cinéma. Mais maintenant qu’on a bien rigolé, j’aimerais savoir quand sort Gremlins 3.

Bises Mick.

Les habitants de Grover’s Bend s’organisent pour la chasse annuelle des œufs de Pâques. Malheureusement, les œufs utilisés renferment des Critters, immondes boules de poils venues de l’espace. Au moment de l’éclosion, les monstres sanguinaires jaillissent et dévorent tout sur leur passage.

Ne sont-ils pas mignons?

PCJ Séance n°19. Deuxième film présenté par Eddie Calderon : Histoire de cannibales (Tsui Hark. 1980)

The Gate (Tibor Takács. 1987)

Tout d’abord, j’aimerais remercier personnellement  Tibor pour m’avoir appris qu’il ne faut jamais enterrer son chien dans le jardin, par contre, il est très important de toujours bien lire les pochettes d’albums de Heavy metal satanique.

Adjonisten Tibor ! (il est hongrois)

Des enfants d’un même quartier sont en train, accidentellement, d’invoquer des forces démoniaques par le biais d’un rituel. Les portes de l’Enfer sont maintenant ouvertes dans le jardin d’un des jeunes garçons , communiquant sans entrave avec le monde terrestre. Mais la bande de copains fera tout pour qu’elles se referment à jamais. Narration farfelue, ellipses maladroites, mais certains effets spéciaux sont encore très impressionnants.

 » Tu as été méchant ! « 

PCJ séance n° 25

L’Enterré vivant (Roger Corman. 1962)

Tout d’abord, j’aimerais remercier personnellement Roger Corman pour La Petite boutique des horreurs (1960) et pour avoir contribué à la carrière de Martin Scorcese, Francis Ford Coppola, Joe Dante, Jonathan Demme, Jack Nicholson…

Du fond du cœur Roger. Big up.

Au 19ième siècle, une jeune femme se rend au domaine de l’homme qu’elle aime. Elle réalise peu à peu que son bien aimé est totalement obsédé par l’idée d’être enterré vivant. L’homme tombe dans une spirale folle et rejète tout le monde autour de lui, malgré cela, elle fera tout pour lui venir en aide. L’Enterré vivant est tourné en grande partie en studio, chaque fois qu’on sort d’ un manoir ou d’ un mausolée, c’est pour aller dans une clairière près d’un cimetière dont la particularité est sa brume constamment en lévitation au dessus du sol. On y voit des scènes pendant lesquelles il semble soudain très agréable de cueillir des fleurs, en couple, près des pierres tombales et les jambes enfoncées dans le brouillard. Quel drôle d’endroit où vivre pour un homme dont la pire angoisse est de mourir Enterré vivant ! Le scénario de ce film m’a beaucoup fait penser à Le Secret derrière la porte (Fritz Lang. 1948). La comparaison s’arrêtera au niveau du scénario puisque Roger Corman est un cinéaste à classer dans la série B et qu’ il filmait en quelques jours avec des budgets microscopiques et des salaires de misère. Contrairement au film de Fritz Lang, L’Enterré vivant est raide, parfois risible, les personnages sont naïfs, les situations peu crédibles, les décors et les costumes font bricolés et le suspense n’est pas vraiment présent. Malgré tout, ces petits défauts lui donnent une vraie dimension esthétique, à prendre aujourd’hui au second degré, comme un objet de collection bizarroïde, à la manière de cette belle affiche que vous voyez ci-dessus. J’ajoute que ce film fait partie du « cycle Edgar Allan Poe » dans la filmographie de Corman,il a également réalisé La Chute de la maison Usher, Le Corbeau, La Chambre des tortures, L’Empire de la terreur et d’autres.

Et voilà chérie. Ici, ça sera parfait pour un p’tit pique-nique !

PCJ séance n°27